Histoire de la Martinique

L’histoire de la Martinique est relativement récente en raison de son peuplement tardif.

L’île est habitée de façon intermittente par différents peuples amérindiens jusqu’à leur extermination par les occidenta800px-1742_Covens_and_Mortier_Map_of_Martinique_-_Geographicus_-_Martinique-covensmortier-1742ux à la suite de l’installation des Français en 1635. À partir des années 1670, la déportation massive d’esclaves noirs africains bouleverse une nouvelle fois la composition de la population de l’île. L’histoire de la Martinique est marquée par les guerres d’influence entre empires coloniaux européens, l’évolution des activités agricoles, les catastrophes naturelles et le choix singulier de la décolonisation par assimilation à la République française.

 

 

Les premiers peuplements de la Martinique

On pense que les petites Antilles ont connu la présence de l’homme entre -10 000 et -5 000 mais il n’en existe à ce jour aucune trace. Les plus anciennes traces d’êtres humains des petites Antilles se trouvent sur le site de Norman Estate à Saint-Martin et sont datées d’entre -2 400 et -1 900 av. J.-C. (voir Amérindiens des Antilles). Les premières traces des Amérindiens à la Martinique ont été archéologiquement attestées du Ier siècle.

Ces premiers habitants viennent d’Amazonie et sont de culture saladoïde, du nom du site éponyme vénézuélien de Saladero. Ils sont généralement qualifié d’arawaks bien que ce terme imprécis désigne plus largement une famille linguistique à laquelle se rattachent de nombreuses populations amérindiennes d’Amazonie dont les populations Kali’na ouCaraïbe.

Cette population produisant des céramiques extrêmement décorées a occupé surtout les contreforts de la Montagne Pelée. Ils pratiquaient l’agriculture, la pêche et la cueillette. Le site archéologique de Vivé, sur la commune du Lorrain, est caractéristique de cette première occupation de l’île. Ce site d’habitat sur le bord de mer a fait l’objet de fouilles entre 1996 et 2001. Il est également au cœur d’un projet de découverte et de recherche porté par la Communauté des communes du Nord de Martinique.

Le niveau d’occupation saladoïde est scellé par une couche éruptive de la Pelée datée du IIIe siècle de l’ère chrétienne. La campagne de 1999 a fait apparaître une couche d’abandon en place recouverte par la cendre d’une éruption du volcan.

Éruption précolombienne de la montagne Pelée

Le peuplement de la Martinique est marquée par une rupture liée à l’éruption de la montagne Pelée en 295 qui aurait décimé ou tout du moins forcé à l’exil les populations de l’île.

Les populations arawaks reviennent aux alentours de l’an 400 et ce serait vers 600 que les populations dites « caraïbes » seraient arrivées à leur tour dans l’île.

Ces populations plus récentes semblent s’installer, en revanche, préférentiellement dans la zone sud de la Martinique. Elles se rattachent à la culture suazoïde, du nom du site éponyme de Savane Suazey à la Grenade, et ont été pendant longtemps désignées sous l’appellation de « caraïbe ». Le site archéologique de la plage de l’Anse Trabaud, sur le littoral atlantique de la commune de Sainte-Anne, qui a été en partie fouillé par Louis Allaire, archéologue canadien, est un site de cette période finale, peut-être pratiquement contemporain de l’arrivée des premiers Européens aux Antilles. Le site de la plage de Dizac au Diamant est, quant à lui, daté du IXe siècle.

Ces populations ne sont pas des populations radicalement différentes des populations saladoïdes, comme on a souvent voulu le faire croire en suivant de trop près le témoignage de « chroniqueurs », premiers auteurs d’écrits sur les nouveaux territoires de l’Amérique. Ces chroniqueurs, souvent religieux, sont notre seule source écrite sur les premiers temps de la colonisation, les populations amérindiennes des Antilles ne possédant pas d’écriture.

Pour l’instant, on ne possède que peu de données sur les populations ayant occupé l’île entre le site de Vivé (vers 300) et l’occupation du Diamant (vers 800). La connaissance du néolithique antillais est encore très lacunaire, les études et les fouilles répondant aux critères modernes étant encore rares. Cependant, une thèse de doctorat a été soutenue en 2003 sur les premières occupations amérindiennes de la Martinique. Les tombes en conque de lambis dans les cimetières sont des témoignages amérindiens qui utilisaient la conque pour annoncer la mort.

Caraïbes et Arawaks

Il était, jusqu’à très récemment, couramment admis que les Arawaks avaient été exterminés par les Caraïbes. Cependant, il semble que cette affirmation ne soit plus aussi nettement acceptée (voir Peuple Caraïbe)????.

La « découverte » par les Européens et les débuts de la colonisation

On prête généralement la découverte de la Martinique à Christophe Colomb le , au cours de son quatrième voyage vers les « Indes ». Néanmoins, il semble probable que ce soit Alonso de Ojeda qui ait découvert l’île en premier lors de son expédition de 1499-1500.

Il existe ainsi des versions contradictoires sur la paternité du nom de l’île:

  • Il est probable que le premier nom avéré de l’île ait été attribué par un des géographes embarqué avec Ojeda (peut-être Juan de la Cosa) et qu’il s’agisse de Matinino(parfois transcrit Madinina qui signifierait l’île aux femmes et non l’île aux fleurs comme il est souvent admis), qui désignerait le nom d’une île mythique chez les Taïnosd’Hispaniola. Ce nom s’est ainsi retrouvé sur des cartes à cette époque mais comme Colomb avait par décret le monopole des découvertes des nouvelles Indes, il aurait rebaptisé l’île Martinica en 1502.
  • En langue caraïbe, l’île était aussi appelée Ioüanacéra, ou Joanacaera (formé du préfixe ioüana = iguane et du suffixe caéra = île) c’est-à-dire l’île aux iguanes.

Les débuts de la colonisation

Colomb lors de son quatrième voyage ne fit qu’un passage très bref dans l’île qui était occupée par les hostiles indiens Caraïbes. C’est plus d’un siècle plus tard, en 1635 avant que les premiers européens réussiront à s’installer durablement en Martinique.

La Martinique ne reste cependant pas sans contacts avec les Européens. Si les Espagnols délaissent ces îles qu’ils jugent trop petites et peuplées d’Indiens dangereux, les Hollandais, les Français et les Anglais y font souvent relâche pour faire aiguade (ravitaillement en eau), s’approvisionner en vivres, et commercer avec les Amérindiens.

Le , le flibustier Pierre Belain d’Esnambuc débarque dans la rade de Saint-Pierre avec 150 colons français qui ont été chassés de l’île Saint-Christophe. Il installe ainsi la première colonie dans l’île, pour le compte de la couronne de France et de la Compagnie des îles d’Amérique. Les premiers établissements français en Martinique sont Le Fort Saint-Pierre (actuelle ville de Saint-Pierre) fondé par d’Esnambuc, et la ville du Fort-Royal (actuellement Fort-de-France) fondée par les gouverneurs De Baas et Blenac.

Les premiers moulins en sucre de la famille Trézel

À la demande de la Compagnie des îles d’Amérique, le marchand de Rouen, d’origine hollandaise, Daniel Trézel a installé en 1640 le premier moulin à sucre de la Martinique, trois ans après que Peter Blower eut fait de même à l’île anglaise de la Barbade. Jacques Dyel, gouverneur du Parquet, exploitera pleinement cet apport une dizaine d’années plus tard en 1650, lorsque la Compagnie des îles d’Amérique sera ruinée et qu’il la rachètera pour 41 500 francs.

En 1654, selon le témoignage d’Antoine Biet, de retour de Guyane, les hollandais fuyant le Brésil sont accueillis plutôt en Guadeloupe, de laquelle il racontait retour de trois bateaux venant du Brésil, que les hollandais venaient d’abandonner définitivement après dix années de combat contre les portugais, la période hollandaise de l’histoire du Pernambouc.

« Ils étaient environ 1200 parmi lesquels il n’y avait pas 50 hollandais naturels », tous les autres étant métis ou esclaves nègres », qui « voulurent suivre » leurs maîtres, écrit-il en 1664 dix ans après, dans un témoignage indirect, le seul du passage des hollandais, sujet à caution car le gouverneur Houel avait besoin de légitimer alors développement de l’esclavage.

Les plus riches des hollandais avaient cependant fui le Brésil dès les années 1640. Au Brésil, les planteurs portugais se soulèvent contre les Hollandais dès 1642, et Fernandès Vieira gagne deux batailles importantes en 164510. En 1636, les premiers esclaves furent tous vendus à crédit mais en 1644 et 1645, la proportion vendue au comptant passe à respectivement 78 % et 100 %, reflet de l’appréhension des hollandais, qui sentent que le Brésil va leur échapper très prochainement.

Les conflits avec les indiens caraïbes

L’installation et l’expansion des Français ont créé tensions et un conflit continu avec les autochtones. Avec la mort du gouverneur du Parquet éclate la guerre de 1658 contre les indiens caraïbes.

Plus de 600 français se regroupent avec la bénédiction des prêtres de l’île pour attaquer les Caraïbes dans leurs territoires réservé par l’accord de paix du 21 décembre 1657avec la volonté d’éliminer toutes présences indigènes dans l’île. Les Caraïbes sont massacrés et perdent les derniers territoires qui leur étaient réservé. Les survivants se réfugieront dans les îles de Saint-Vincent et de la Dominique. De là, ils organiseront par la suite plusieurs expéditions punitives contre les colons dans les îles voisines.

Cette victoire stimule la colonisation française plus à l’est, incarnée par Pierre Dubuc de Rivery, qui fonde une dynastie de planteurs de sucre. Organisateur d’une milice dans le bourg de Trinité pour repousser les caraïbes, il reçut en 1671 des terres à défricher, allant de la presqu’île de la Caravelle au bourg de Trinité. La famille du Buc y construisit 7 sucreries. En 1671, la canne à sucre est encore peu développée en Martinique : elle occupe deux fois moins de terre que la culture du tabac, pratiquée par de nombreux petits colons blancs, sur des plantations nécessitant très peu de capitaux.

Les Amérindiens sont peu à peu repoussés ou chassés. Cependant, une frange de cette population « caraïbe » demeure sur place dans un fort état d’acculturation se fondant petit à petit dans le reste de la population.

Guerres entre empires européens: compétitions dans les Antilles

Le XVIIe siècle est marquée par de nombreux conflits en Europe. Les alliances se font et se défont entre les grandes puissances et les Antilles sont le théâtre de nombreux affrontements.

Alors que la paix anglo-néerlandaise vient d’être signée, l’imposante flotte hollandaise de l’Amiral de Ruyter attaque la Martinique le . Les hollandais débarquent mais, bien qu’ils soient beaucoup plus nombreux, sont vaincus lors de la bataille du Fort-Royal également appelée bataille du rhum. Cette débâcle et la victoire française lors de la guerre de Hollande marquent la fin des velléités coloniales hollandaises en Amérique.

La lutte se concentre entre les Français et les Anglais (et, après 1707, date de la fondation du Royaume-Uni, les Britanniques). Tous les grands conflits européens ont leur composante caraïbe. C’est notamment le cas de la guerre de Sept Ans qui vaudra à la France la perte de nombreuses possessions au profit de la Grande-Bretagne. La Martinique deviendra ainsi, par deux fois, possession britannique, mais pour d’assez courtes périodes. Elle restera définitivement française après 1816.

Au XIXe siècle, l’activité économique de la Martinique bénéficie de la perte par la France de Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti et la République dominicaine), principale colonie française des Antilles au XVIIIe siècle. Saint-Pierre, capitale de la Martinique et principale ville des Antilles au XIXe siècle, connaît alors une prospérité que seule l’éruption volcanique catastrophique de la montagne Pelée du viendra interrompre, et dont elle ne se remettra jamais complètement.

Article connexe : Histoire de la marine française de Richelieu à Louis XVI.

L’instauration de l’économie sucrière par l’esclavage

Durant les premières décennies de l’occupation française, l’île est productrice de denrées coloniales fournissant de forts profits : tabac (petun), roucou, indigo, cacao, le tabac de la Martinique étant alors très apprécié. La crise du tabac de la seconde moitié du XVIIe siècle ruine les premiers planteurs qui se tournent vers la production de sucre. La monoculture de la canne à sucre va bientôt modeler le paysage et devenir partie intégrante de la culture créole. Elle dominera l’économie du pays jusqu’à la seconde moitié du XXe siècle.

La culture de la canne à sucre telle qu’elle est pratiquée dans « l’habitation sucrière » demande une importante main-d’œuvre que la métropole ne peut fournir. Si la culture du tabac ou de l’indigo avait pu se faire avec les « engagés », la traite d’esclaves noirs provenant des côtes de l’Afrique est avancée comme unique solution susceptible de fournir les effectifs nécessaires à la culture de la canne à sucre.

Les engagés venaient sous contrat avec un planteur pour une durée de trois ans (d’où leur surnom de « trente-six mois »). Le planteur couvrait les frais du voyage et exigeait ensuite de l’engagé un travail semblable à celui de la main d’œuvre servile. Mais, à la différence de l’esclave, s’il réussissait à survivre aux terribles conditions de vie et de travail qui lui étaient imposées, l’engagé recouvrait sa liberté à l’issue des trois années de son contrat et se voyait allouer une terre lui permettant de devenir à son tour planteur.

La culture de la canne est synonyme de traite négrière par le commerce triangulaire (Europe, Afrique, Amérique) ou plus souvent en « droiture », entre les ports français (Bordeaux, Nantes) et la colonie. Par manque chronique d’espèces métalliques, le troc domine, tandis que la piraterie maintient le danger, même au cours des périodes de paix.

L’esclavage se développe à partir de la période 1671-1674

Le père Labat décrit dans ses ouvrages la société esclavagiste du XVIIe siècle. Les pratiques religieuses et militaires européennes y sont jugées plus ritualisées et ordonnancées que celle des amérindiens. Des « engagés » blancs de 36 mois sont utilisés pour la fortification de l’île. Une fois affranchis, ils obtiennent des lopins de terre. Les plus riches planteurs recherchent alors une nouvelle main d’œuvre meilleur marché, en s’inspirant du succès des planteurs de sucre de la Barbade, où une élite militaire proche de ladynastie Stuart a importé des esclaves noirs en masse.

En 1638 l’administration refuse le droit à un capitaine de la Martinique de s’approvisionner en esclaves en Afrique. Les premiers trafics d’esclaves via les hollandais touchèrent la Martinique vers 1641. La culture du sucre fut tentée en Martinique dès les années 1640, en s’inspirant de la réussite de la Barbade, mais sans succès. Il faut attendre les années 1650 pour qu’elle s’implante, et plus lentement qu’ailleurs. Les indiens Caraïbes résistent plus longtemps qu’à la Guadeloupe où un traité fut signé dès 1641 par Charles Liènard de l’Olive pour les déporter à la Dominique. Mais les esclaves noirs n’arrivent pas assez vite, faute de filière pour la traite négrière, alors pratiquée, à petite échelle, par les seuls hollandais. Le sucre est une culture violente, qui nécessite de grandes propriétés et consomme des esclaves jeunes, rapidement épuisés au travail intensif de la coupe et du transport des cannes, effectué sous la menace du fouet. Leur espérance de vie étant ainsi basse, il faut régulièrement les remplacer par de nouvelles recrues..

L’explosion du nombre d’esclaves correspond aux décisions prises à Versailles par Louis XIV entre 1671 et 1674 pour favoriser la culture du sucre au détriment de celle du tabac. Entre 1674 et 1680, le nombre d’esclaves en Martinique double. Entre 1673 et 1700, il a déjà sextuplé.

Les années 1680 : explosion du nombre d’esclaves à la Martinique et à la Guadeloupe

La Martinique en 1681.

Le nombre d’esclaves baisse après 1664 dans les deux îles. La Guadeloupe, défrichée dès les années 1640 et contrôlée par un seul propriétaire, avait en 1660 environ 6 000 esclaves soit deux fois plus que les 3 000 de la Martinique, qui met les bouchées doubles à partir de 1674 et prend l’avantage dès 1680.

La population d’esclaves martiniquais diminua d’abord, dans les neuf années qui suivent la création en 1664 de la Compagnie des Indes occidentales de Colbert. Son remplacement en 1673, par la compagnie du Sénégal entraîne au contraire une multiplication par 4,5 dans les 14 années qui suivent. De 1687 à 1700, la progression se poursuit, mais plus lentement (+32 % en 13 ans), selon L’Administration des finances en Martinique, 1679-1790, de Gérard Marion.

En Martinique, les planteurs ne possédaient toujours que 2 400 esclaves en 1673, contre 2 700 dix ans plus tôt en 1664, au moment la création de la Compagnie des Indes occidentales. Le Roi et les grands planteurs reprochent à cette compagnie « fourre-tout » de se disperser en Nouvelle-France (présent Québec) et d’être peu efficace dans la traite négrière.

Louis XIV abolit donc en 1671 le monopole de la Compagnie des Indes occidentales. La traite négrière est alors ouverte à tous les ports français, pour la doper par la concurrence. La Compagnie des Indes occidentales, en faillite, est dissoute en 1674. La Guadeloupe et la Martinique passent sous l’autorité directe du roi Louis XIV, qui pousse la culture de la canne à sucre, plus gourmande en capitaux mais beaucoup plus rentable, en donnant des terres à des officiers supérieurs en Martinique, où le sucre est alors moins développé qu’à la Guadeloupe.

En Guadeloupe aussi, les planteurs de sucre se plaignent de la Compagnie des Indes occidentales: leur population d’esclaves a diminué de 40 % en 7 ans, passant de 6 323 personnes en 1664 à 4 627 en 1671. La diminution se poursuit dans les années 1670: la Guadeloupe ne compte plus que 2 950 esclaves en 1680, deux fois moins qu’en 1664, car la « privatisation » de traite négrière après 1674 bénéficie surtout à la Martinique. La Guadeloupe suit, avec un temps de retard, à partir de 1680, le nombre d’esclaves doublant en 20 ans pour atteindre 6 587 en 1700, puis 9 706 en 1710, selon Histoire et civilisation de la Caraïbe de Jean-Pierre Sainton et Raymond Boutin.

Louis XIV avait croisé dès 1669 la veuve Scarron, marquise de Maintenon, dite « la belle indienne » car elle a passé son enfance en Martinique. Le roi prête aussi l’oreille à son ministre de la Défense, Louvois qui dirige la coûteuse guerre de Hollande (1672-1676), contre l’avis de Colbert et contre les Pays-Bas, détenteurs de l’asiento.

Ce monopole d’importation d’africains est concurrencé par la création en 1673 de la Compagnie du Sénégal, dirigée par le célèbre amiral Jean-Baptiste du Casse, dans le sillage de la Compagnie Royale d’Afrique, fondée en 1672 par le duc d’York Jacques Stuart, cousin de Louis XIV et futur roi d’Angleterre. La Compagnie du Sénégal, comme la Compagnie de Guinée qui lui succède en 1700, institue la traite négrière à grande échelle.

L’investissement des Français et des anglais dans le commerce triangulaire, massif et simultané, fait flamber le prix des esclaves, alimentant de nouvelles filières. Il contribue à l’essor des ports français de Nantes et de Bordeaux, il fait en même temps baisser le coût du transport des esclaves au profit des planteurs de sucre. Les forts se multiplient sur le littoral africain. Dans les sept années qui suivent la création de la Compagnie du Sénégal, le nombre d’esclaves double en Martinique. En 25 ans, il sextuple. La Guadeloupeest rattrapée et dépassée.

Les planteurs de sucre chassent les producteurs de tabac

Vue de Fort-Royal, vers 1750.

La spéculation immobilière sur les terres à sucre éjecte les blancs les moins fortunés, par ailleurs pénalisés par la ferme du tabac. Sa création en 1674 par Louis XIV entraîne la ruine rapide du tabac français. Le tabac produit en Virginie par les grands planteurs jacobites comme William Berkeley, moins taxé, profite de la contrebande. La Virginie passe de 2 000 esclaves en 1671 à 110 000 en 1750. Selon Fernand Braudel, les exportations de tabac de la Virginie et du Maryland sextuplent entre 1663 et 1699 avec le « passage du travail des blancs à la main d’œuvre noire », qui provoque la révolte de Nathaniel Bacon.

Le premier client de la Compagnie du Sénégal est le plus riche planteur de sucre de la Martinique: le capitaine Charles François d’Angennes, marquis de Maintenon, gouverneur de Marie-Galante depuis 1678, lui commande 1600 esclaves en 1679. Il a le monopole du commerce sucrier avec le Venezuela espagnol et habite au Prêcheur, près de Case Pilote, deux paroisses jésuites, où vivent le quart des esclaves de Martinique en 1680.

Le Roi précipite en 1680 l’histoire de la culture des plantes sucrières en donnant terres et titres de noblesse à tout planteur qui installe sur ses terres plus de cent esclaves, comme l’intendant Jean-Baptiste Patoulet, ou le capitaine de milice Antoine Cornette. Autre grand planteur en 1683, Nicolas de Gabaret, qui intègre la Liste des gouverneurs de la Martinique en 1689, associé de Charles François d’Angennes dans la raffinerie de à Mouillage. L’amiral Jean-Baptiste du Casse assure la livraison de main d’œuvre. Dès 1680, on recense 99 plantations de plus de 20 esclaves, cinq fois plus qu’en 1669.

Entre 1674 et 1692, le nombre de sucreries double. Saint-Pierre de la Martinique devient la capitale des Antilles françaises. Les esclaves les plus jeunes et les plus résistant sont réservés à l’élite de grands planteurs nobles. Le code noir de 1685 limite le métissage et règlemente la torture des esclaves.

Le , la Martinique et les Petites Antilles sont balayées par le tsunami provoqué par le Tremblement de terre de Lisbonne. Les communes de La Trinité, de Fort-Royal et du Lamentin sont les plus touchées.

Les révolutions de la fin du XVIIIe siècle : la question des relations entre la métropole et ses colonies

Guerre de Sept Ans

La Martinique est attaquée une première fois par les Anglais en 1759 puis une seconde fois en 1762. Fort-Royal et la colonie tombent aux mains des Anglais le . Elle est rendue à la France un an plus tard à la suite de la signature du traité de Paris.

Reprise des hostilités contre les Anglais pendant la révolution américaine

Le combat de la Martinique en 1779. L’île joue un rôle essentiel pour la flotte française pendant la guerre d’Amérique.

Articles détaillés : révolution américaine, Combat de la Martinique (1779) et Bataille des Saintes.

En 1778, la France s’associe avec les fraichement proclamés États-Unis d’Amérique pour prendre sa revanche sur la Grande-Bretagneaprès la guerre de Sept Ans.

  • Combat de la Martinique (1779)
  • Bataille des Saintes

L’abolition ratée

À la veille de la Révolution française en 1788, Brissot crée la Société des amis des Noirs à Paris. Malgré les efforts de ses membres les plus éminents comme l’abbé Grégoire ou Condorcet, elle ne peut obtenir l’abolition de l’esclavage auprès de la Constituante. Ladéclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 tout comme la constitution de 1791 tolère l’esclavage.

Dès 1789, la Martinique est déchirée entre le pouvoir officiel révolutionnaire soutenus par les Pierrotins (habitants urbains de Saint-Pierre) et les békés (grands planteurs blancs), partisans de la royauté.

En août 1791, débute l’insurrection des esclaves dans le nord de Saint-Domingue.

Le , l’assemblée législative française élève au rang de citoyen tout homme de couleur libre et envoie le commissaire Rochambeau en Martinique pour faire appliquer cette loi. L’Assemblée de la Martinique, qui s’intitule désormais Assemblée Constituante de la Martinique, accepte de promulguer cette loi. Elle refuse, en revanche, de laisser débarquer Rochambeau et ses hommes.

Plus tard, la Martinique entre en insurrection et arbore la cocarde blanche. Les patriotes abandonnent la colonie et se réfugient à la Dominique. Le 1er décembre 1792 arrive le capitaine de vaisseau Lacrosse chargé par la Convention de faire triompher la République toute récente ; la guerre éclate. Dubuc, leader des royalistes martiniquais se rend àLondres. Lacrosse, lui, se rend à Sainte-Lucie qui est fidèle à la République et rallie les hommes de couleurs libres à la Révolution.

L’Assemblée de la Martinique reconnait la République le 9 janvier 1793, le gouverneur Béhague et les royalistes s’enfuient. Le roi est guillotiné le 21 janvier. Rochambeau, nommé gouverneur de la Martinique en janvier y arrive le 3 février. Il s’installe à Fort-Royal, rebaptisée Fort-République ou République-ville, et dissout l’Assemblée coloniale. Il ferme tous les ports de l’île au profit de Saint-Pierre. Cette attitude écarte du régime de nombreux planteurs qui étaient disposés à se rallier à la République. Certains émigrent et vont renforcer le parti des royalistes émigrés à Trinidad. Ces émigrés tentent avec l’appui des Britanniques décident de reprendre la Martinique. La flotte britannique se présente le 7 mai 1793 devant Case-Navire, mais son action mal coordonnée n’aboutit pas. Rochambeau prend des mesures d’exception.

Le 29 août 1793, Sonthonax décrète l’abolition de l’esclavage à Saint-Domingue.

Le 16 septembre 1793, les propriétaires blancs de l’île s’insurgent et entament une contre-révolution royaliste. La Convention abolit l’esclavage sur tout le territoire national par le décret du 4 février 1794. Le , la flotte britannique du Lieutenant général Grey, forte de 16 000 hommes, bloque la Martinique. Rochambeau s’enferme avec quelques hommes dans les forts de la République et de la Convention. Résolu à se défendre, il repousse les ultimatums des Britanniques et soutient un siège de 43 jours. Saint-Pierre est prise par les Britanniques le 16 février, sans que l’abolition de l’esclavage décidée par la Convention le 4 février n’ait pu entrer en vigueur. Le Traité de Whitehall est signé avec les Anglais par les colons royalistes menés par Dubuc le 19 février.

La Martinique et les guerres du Premier Empire

Le , la domination militaire de l’île par la couronne britannique est totale. L’esclavage est maintenu et l’ordre établi en échange de la très lucrative fiscalité sur le sucre. Ce pacte avec les Britanniques dure de 1794 à 1802.

L’île redevient française le dans le cadre de la Paix d’Amiens mais l’esclavage est maintenu par Napoléon via la Loi du 20 mai 1802. Les mariages mixtes sont entravés du fait d’une réapplication progressive du Code noir par Richepanse, notamment à partir de son arrêté du 17 juillet 1802 retirant la nationalité française aux noirs et « gens de couleurs ».

Occupation anglaise de 1809-1814

La Paix d’Amiens est rompue dès 1803, et les combats reprennent aux Antilles. Après la prise de Sainte-Lucie et de Tobago, la flotte anglaise impose un blocus des côtes de la Martinique et tente un débarquement en novembre 1803. L’attaque échoue, mais les Britanniques s’emparent du Rocher du Diamant qu’ils fortifient. En 1805, le regroupement des flottes franco-espagnoles en provenance d’Europe et destinées à la conquête de l’Angleterre s’effectue à la Martinique.

En avril 1805, le rocher est repris à l’initiative de l’amiral espagnol Gravina lors de la bataille du Rocher du Diamant. Néanmoins la flotte combinée fuit peu après devant l’arrivée de Nelson.

Le , le général Beckwith et 12 000 hommes débarquent en Martinique et assaillent Saint-Pierre qui est évacuée. Les Anglais provoquent la désertion de masse, en menaçant les colons qui combattent avec les Français de faire confisquer tous leurs biens. Le 2 février, ils prennent Fort-de-France et assiègent le Fort Desaix où les forces françaises se sont réfugiées. Villaret de Joyeuse capitule le 24 février. L’année suivante, c’est au tour de la Guadeloupe de tomber.

Les Britanniques favorisent les colons en maintenant l’ancien régime esclavagiste. En raison du blocus continental, le sucre ne peut être exporté qu’en 1813. Les esclaves et lesmulâtres, hostiles à l’occupant, se révoltent en 1811. La répression anglaise est terrible.

Napoléon est vaincu, mais la Martinique, comme la Guadeloupe sont rétrocédées à la France, contrairement à Tobago et Sainte-Lucie, par le Traité de Paris le .

Le , la Martinique est secouée par un tremblement de terre majeur qui, cumulé à un incendie, ravage la ville de Fort-de-France. Quatre ans plus tard, le , un autre séisme majeur fait de gros dégâts dans l’île.

L’abolition de l’esclavage

Ce n’est que le que Victor Schœlcher, alors sous-secrétaire d’État à la Marine et aux Colonies de la Seconde République, appose sa signature au bas du décret mettant officiellement fin à l’esclavage. Avant même que la nouvelle n’arrive, les esclaves martiniquais se sont révoltés le 22 mai et obtiennent l’abolition de l’esclavage par le gouverneur Louis de Rostoland le 23 mai.

En 1848, la population de Martinique comptait à la veille de l’abolition 121 130 habitants, répartis comme suit : 9 542 Blancs, 38 729 affranchis et 72 859 esclaves.

Dans la seconde moitié du xixe siècle, la Martinique fut concernée par de nouvelles immigrations. La plantocratie locale, soucieuse de renouveler la main d’œuvre après l’abolition de l’esclavage, suscita l’arrivée dans l’île de 37 008 engagés sous contrat : 25 509 Indiens venant de Pondichéry, Madras et Calcutta, 10 521 Congos (engagés venus d’Afrique) et 978 Chinois en provenance de Shanghai et Guangzhou (Canton ).

Aux chiffres de l’immigration officielle, il faut rajouter 119 Indiens arrivés de la Caraïbe anglaise, et 6 Chinois en provenance vraisemblablement des mêmes îles. Il convient enfin de mentionner pour mémoire, la venue à la même période de quelques centaines de Madériens et d’Européens.

En ce qui concerne les mariages mixtes pour les Chinois, il y a eu entre 1858 et 1902 à Fort-de-France : 12 Chinois avec des Chinoises, 15 Chinois avec des Créoles, deux Chinois avec des Congos, et deux Chinois avec des Indiennes. Les couples mixtes entre Indiens et femmes de couleur durant cette période sont rares mais ont débuté dès leur arrivée en 1853 dû au manque flagrant de femmes du côté de leur communauté. En 1900, il restait 4 665 Indiens, 5 371 Congos et 432 Chinois.

Les Chinois, quant à eux, se sont rapidement intégrés à la population locale en abandonnant rapidement les champs de cannes pour se tourner vers le commerce.

Sur 10 521 Congos, il n’y eut en effet que deux à retourner en Afrique. Au 31 décembre 1900, secondes générations comprises, il restait 5 345 Congos, soit près de treize fois plus que les 432 Chinois, qui n’eurent qu’un rapatrié. Les Indiens comptèrent 11 951 rapatriés.

La Martinique n’a alors jamais connu de graves tensions inter-ethniques malgré son passé très mouvementé et les différentes communautés vivent en relative harmonie.

Contrairement à beaucoup d’idées reçues, il y a toujours eu des Amérindiens aux Antilles françaises. Cependant à partir du milieu du xixe siècle, les Amérindiens ont été de plus en plus confondus avec les immigrants asiatiques à cause de leur ressemblance physique très proche.

La grande crise sucrière (1884-1905)

L’éruption de la montagne Pelée de 1902

L’éruption de la montagne Pelée en 1902 a durablement marqué les esprits. Le 8 mai 1902, une terrible éruption provoquant la formation d’une nuée ardente tue tous les habitants de Saint-Pierre (à l’exception d’un prisonnier du nom de Louis-Auguste Cyparis, ou Sylbaris, sauvé par l’épaisseur des murs de son cachot) et des environs de la ville (30 000 morts). Le 30 août suivant, alors qu’un géologue s’était déplacé de Paris et avait prévenu du danger d’une nouvelle éruption, une nuée ardente tua encore 1 300 personnes au Morne Rouge.

An tan Robè, la Seconde Guerre mondiale

À la suite de la débâcle de l’armée française en juin 1940, le maréchal Pétain nomme l’amiral Georges Robert, Haut commissaire de la France aux Antilles. Dès lors, il devient le représentant du régime de Vichy en Martinique, où il est en poste.

Il gère la situation des possessions françaises face aux intérêts britanniques et surtout américains. Avec ces derniers, il obtient une sorte d’arrangement à l’amiable qui cantonne les possessions françaises d’Amérique dans une certaine neutralité et entend préserver ainsi la souveraineté nationale sur les colonies. Il veillera aux réserves d’or de la Banque de France entreposées provisoirement au fort Desaix à Fort-de-France.

L’amiral Robert impose un régime de rigueur et de répression accaparant les rares ressources disponibles et en particulier la nourriture qui n’arrivait dans l’île que via les ravitaillements américains. L’absence de commerce avec la métropole entraîna une pénurie quasi générale et une disette chronique. Les produits de première nécessité comme la farine, la viande salée, le savon, le tissu firent défaut et furent remplacés tant bien que mal par des productions locales. La mortalité infantile crût de façon dramatique.

L’amiral Robert était un collaborateur zélé qui affichait clairement son mépris des populations de couleur. Il a tout fait pour empêcher le ralliement des Antillais et des Guyanais aux forces françaises libres multipliant les exactions contre les dissidents. Pourtant de nombreux Martiniquais ont rejoint par des moyens de fortunes, les îles anglaises de laDominique et de Sainte-Lucie pour ensuite renforcer les troupes du général de Gaulle en Angleterre.

Il quitte contraint et forcé l’île en juillet 1943. Le pouvoir est aussitôt remis entre les mains d’Henri Hoppenot – alors ambassadeur de la France combattante à Washington – et du nouveau gouverneur de la Martinique, Louis Ponton, venu d’Afrique équatoriale.

Les aînés martiniquais évoquent encore cette période en disant « an tan Robè », c’est-à-dire « du temps de Robert ».

L’assimilation et la course vers l’égalité de droit

La situation des Martiniquais après guerre est misérable. La Loi de départementalisation de 1946, défendue par le jeune député martiniquais Aimé Césaire, proclame l’assimilation des citoyens martiniquais à la nation française, instituant une forme de décolonisation inédite.

Ce n’est qu’en 1996 sous la présidence de Jacques Chirac que les martiniquais obtiennent une égalité de droit complète avec les français de métropole et l’accès complet aux mêmes aides sociales. Le SMIC ultramarin est aligné sur celui de France métropolitaine.

Émancipation et répression coloniale à la Martinique

Le 20 décembre 1959, un banal accrochage entre un automobiliste métropolitain blanc et un motocycliste martiniquais noir déclenche trois jours d’émeutes à Fort-de-France, connues comme « les Trois Glorieuses », en référence aux trois journées révolutionnaires parisiennes de juillet 1830. Ces émeutes font 3 victimes – trois jeunes gens, tués par les forces de l’ordre (Christian Marajo, Julien Betzi et Edmond-Eloi Véronique dit « Rosile » âgés respectivement de 15, 20 et 21 ans) – et ébranlent durablement les Martinique. Il s’agit de la première grande crise qui intervient après la départementalisation de 1946.

Dans le cadre d’un appareil répressif plus vaste dans un contexte tributaire de l’effervescence des évènements d’Algérie, le 15 octobre 1960 est prise l’ordonnance Debré qui autorise les pouvoirs publics français à procéder à l’exil forcé en métropole des fonctionnaires de l’Outre-Mer soupçonnés par le pouvoir gaulliste d’encourager à la subversion et à l’agitation anticolonialiste par leur prises de position. Cette ordonnance, condamnée par le Conseil d’État, sera abrogée que le 10 octobre 1972.

En mars 1961, les ouvriers agricoles de l’île se mettent en grève pour réclamer des augmentations du salaire et une amélioration des conditions de travail. Le 24 mars, trois responsables syndicaux sont arrêtés dans la matinée. Devant les protestations, les syndicalistes sont relâchés le soir même, quand les gardes mobiles décident de tirer sans sommations sur la foule devant l’église du Lamentin. Cet épisode, resté dans l’histoire sous le nom de la « fusillade du Lamentin », fait trois morts – la couturière Suzanne Marie-Calixte et les ouvriers agricoles Alexandre Laurencine et Édouard Valide – ainsi que de nombreux blessés. À cette occasion, Georges Gratiant, maire communiste du Lamentin, prononce le célèbre « discours sur les trois tombes » pour dénoncer la répression coloniale. Les 22 et 23 avril 1961, à Paris, est créé le Front antillo-guyanais pour l’autonomie (FAGA) entre autres par Édouard Glissant, Marcel Manville, Albert Béville et Cosnay Marie-Joseph qui seront tous deux interdits de séjour dans leur île.

Le 14 octobre 1962, sous l’impulsion de quelques étudiants, est créé l’Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste Martiniquaise (OJAM). Le 23 décembre, le Manifeste de l’OJAM est placardé sur tous les murs de l’île afin de commémorer les émeutes de 59. Les 18 jeunes auteurs de ce manifeste sont arrêtés, emprisonnés à Fresnes et accusés d’atteinte à la sûreté de l’État. Ils sont jugés, lors d’un procès politique en 1964 qui se soldera par un acquittement général. Dans le même temps, le BUMIDOM est créé en 1963 pour favoriser l’émigration des habitants des départements d’outre-mer vers la France métropolitaine.

Le 14 février 1974, les gardes mobiles métropolitains s’attaquent à des ouvriers agricoles de la banane qui font grève au lieu-dit Chalvet à Basse-Pointe, occasionnant de nombreux blessés par balles et un mort. Deux jours plus tard, le corps d’un étudiant de 17 ans – Georges Marie-Louise – tué par les forces de l’ordre est retrouvé abandonné non loin, provoquant de nouvelles manifestations qui se soldent par une augmentation de salaires mais laissent un souvenir marquant. Au début des années 1980, plusieurs attentats à la bombe sont perpétrés contre des bâtiments de l’État français en Martinique – le siège de Radio France Outre-Mer, Palais de Justice, gendarmerie… – revendiqués par l’Alliance révolutionnaire caraïbe.

L’indépendantiste Alfred Marie-Jeanne, membre du Mouvement Indépendantiste Martiniquais fondé en 1978, est élu député en 1997 puis président du conseil régional de la Martinique l’année suivante.

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