L’abolition de l’esclavage en Guyane

 

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En Guyane l’abolition de l’esclavage a lieu le 10 juin,   ce qui n’est pas le cas  dans les Antilles françaises et en métropole celui-ci est commémorées au mois de mai. Depuis 1981, les Guyanais commémorent à cette date la « journée de la liberté », en l’honneur des luttes et résistances qui ont donné naissance à la société guyanaise.


La Guyane dans le commerce triangulaire

La traite négrière et l’esclavage ont été pendant des siècles les moteurs de l’économie des Caraïbes et de l’Amérique. Au XVIIe siècle, la France créa la Compagnie du Sénégal, qui conduisait des esclaves d’Afrique aux Antilles et en Guyane et par la Compagnie de la Guyane, elle vendait ses cargaisons d‘esclaves à Saint-Domingue (Haïti) plutôt que de les envoyer en Guyane dont le développement semblait moins important. Il n’y avait donc que 12 500 esclaves en Guyane effectuant la prospection des forêts, établissant les plantations de sucre et exploitant le sous-sol.

Après une première abolition en 1794, l’esclavage est rétabli en même temps que la restauration du Code noir, le 20 mai 1802, par Napoléon Bonaparte, et ce afin de faire perdurer l’expansion de l’économie coloniale. En Guyane, la conséquence du rétablissement amplifie le marronnage, la fuite des esclaves hors des propriétés de leurs maîtres dans la nature.


 

Une colonie pénitentiaire

Cette année même, la colonie guyanaise devient aussi une colonie pénitentiaire et sert de lieu de déportation pour les opposants politiques aux différents régimes révolutionnaires qui se succèdent en France. Plusieurs bagnes y sont construits, devenus aujourd’hui de grands lieux de visites touristiques  à Sinnamary, Saint-Laurent-du-Maroni, de Saint-Jean-du-Maroni et des îles du Salut dont la célèbre dite du Diable…

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Un avant gout de liberté

Les mouvements abolitionnistes prennent de l’ampleur et sont portés  par des personnages, comme Victor Schœlcher. En 1831, les droits civiques sont reconnus à tous les « hommes de couleur » libres et la Loi du 4 mars interdit la traite négrière. Cette loi est appliquée en Guyane à partir de 1833, et les Noirs saisis sur les bateaux négriers de contrebande sont libérés dans la colonie. À Mana, les sœurs de l’ordre des sœurs Saint-Joseph de Cluny, fondé par Anne-Marie Javouhey, prennent en charge l’instruction de nombre de Noirs libres en donnant des cours du soir aux adultes et en assurant l’école gratuite à leurs enfants. Mais ce ne sera pas au gout des propriétaires de plantations et du gouverneur de l’époque qui lui ordonnera de quitter le territoire en 1843.

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La liberté !

Le Gouvernement provisoire considère que l’esclavage est un attentat contre la dignité humaine et  le décret de l’abolition paraît le 27 avril 1848. Il est proclamé par le commissaire général de la République et aux habitants, le 10 juin 1948, publié 2 mois plus tard dans « La feuille de Guyane française ».

« Citoyens, en vertu du décret de la République du 27 avril 1848, au nom du peuple français, nous proclamons l’abolition de l’esclavage à la Guyane française, vive la République »

Par ce décret, comme dans les colonies anglaises, les esclaves des colonies françaises passent directement du statut d’esclave à celui de citoyen ,ainsi près de 248 500 esclaves sont libérés (12 500 en Guyane, plus de 87 000 en Guadeloupe, près de 74 450 en Martinique, plus de 62 000 à La Réunion, plus de 10 000 au Sénégal d’après les demandes d’indemnisation présentées par les propriétaires).  À la suite de cette déclaration, ils désertent instantanément les plantations dans lesquelles ils travaillaient et le marronnage disparaît. Les anciens esclaves deviennent des hommes libres, des citoyens français et échangent leur matricule contre des patronymes.


 

Conséquences de l’abolition

Après l’abolition, le gouvernement de Louis-Napoléon Bonaparte, signe des contrats avec les pays étrangers pour parer au manque de main-d’œuvre. Plus de 8.000 Indiens, 1.800 Africains et 700 Chinois et Annamites (le Vietnam) sont envoyés en Guyane pour des contrats de travail de 5 ans. Mais l’environnement, le climat, la découverte de gisements de minerais, les conditions de vie et de travail rudes, les encouragent à s’installer et à rester.

En 1852 pour pallier à ce manque le gouvernement décide de faire passer des condamnés en Guyane. Les bagnards, hommes comme femmes, devaient rester sur le territoire le temps de leur peine et au-delà. Tout autant pour repeupler la région et aussi pour soulager les prisons métropolitaines… Mais ce n’est pas suffisant à partir de 1860, la production agricole de la Guyane manque de main-d’œuvre, ne permet plus l’exportation.  En 1945, la colonie pénitentiaire est définitivement fermée et les derniers forçats regagnent la France en 1953. La plupart des colons blancs ayant trouvé la mort, les descendants d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, constituent dès lors la majorité de la population guyanaise.

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